Mon travail explore les liens entre un territoire que je rencontre, l’imaginaire qu’il me transmet et les formes qui jaillissent des expérimentations que j’y mène.

Sa genèse s’opère in situ. J’y souligne le décalage grandissant entre notre condition terrestre et ces fantasmes industriels et technologiques nous enjoignant à la dépasser, nous éloignant des simples notions de présence et d’acte. Aux confins de l’écrit, de la sculpture, de la performance et du paysage, je tente de révéler la poésie absurde du faire humain et m’amuse de sa vulnérabilité face à la présence immuable du monde. Les enregistrements vidéo et photographiques permettent l’apparition et le partage d’images et de figures. Je les installe vis-à-vis des formes construites ou rencontrées dans les lieux qui inspirent mes créations.

Dans les actions que je mets en place, entre philosophie et mythologie, des caractères essentiels et existentiels égrainent une critique de l’idéologie capitaliste et cherchent à transformer le malaise contemporain en une source poétique. Au fil du temps et des expériences rencontrées, mes travaux constituent un inventaire sensible de lieux et d’actes. Derrière leur facture prosaïque, se glisse une dimension ayant attrait à la solitude, à l’errance et au rituel naïf. Une primitivité affleure et donne corps à des puissances invisibles.

Je m’intéresse à l’usage humain du territoire, dans son exploitation, sa préservation, la vie qui en dispose et s’y établit en le transformant, ou étant transformée par lui. Les essais de l’anthropologue Tim Ingold, notamment Marcher avec les dragons, sont une source vive. La société conviviale décrite par Ivan Illich est pour moi une direction intellectuelle et politique importante.






My work explores the links between a territory that I meet, the imaginary that it transmits to me and the forms that spring from the experiments that I lead there.

Its genesis takes place in situ. I point out the growing gap between our earthly condition and these industrial and technological fantasies urging us to overcome it, moving us away from simple notions of presence and act. In the confines of writing, sculpture, performance and landscape, I try to reveal the absurd poetry of the human-made and amuse myself with its vulnerability in front of the immutable presence of the world. Video and photographic recordings allow the appearance and sharing of images and figures. I install them vis-à-vis forms built or met in places that inspire my creations.

In the actions that I put in place, between philosophy and mythology, essential and existential characters grapple with a critique of capitalist ideology and seek to transform contemporary uneasiness into a poetic source. Over time and experiences encountered, my works constitute a sensitive inventory of places and acts. Behind their prosaic aspect hide a dimension which tends towards solitude, naive ritual and wandering . A primitivity outcrops and gives body to invisible powers.

I am interested in the human use of territory, in its exploitation, its preservation, the life that disposes of it and settles there by transforming it, or being transformed by it. The anthropologist Tim Ingold’s essays, including Walking with the Dragons, are a lively source. The convivial society described by Ivan Illich is for me an important intellectual and political direction.